Gérald Béroud a grandi dans l'ouest lausanois. Après une licence en sociologie, il travaille comme chercheur à L'ISPA,(Institut suisse de prévention de l'alcoolisme). En 1986, il effectue un peu par hasard
sone premier voyage en Chine. De retour en Suisse, il se met à
l'apprentissage de la langue chinoise, d'abord avec un ami chinoi, puis à l'Université de Genève. En 1998, il crée SinOptic, dont les activités, toujours en lien avec la Chine, englobent les traductions, les conférences, les conseils, l'accompagnement d'entreprises ou de délégations, les organisations de voyages, ainsi qu'un site d'informations très complet.
www.sinoptic.ch
2008年5月13日,Gérald Béroud 接受瑞士Migros报纸的采访,以下是他和记者的问答。
Comprendre la Chine avant de la jugerPour le lausannois Gérald Béroud, grand connaisseur de la Chine et fondateur de l'entreprise SinOptic, le pays le plus peuplé de monde est largement caricaturé, sur fond de polémique olympique. Il évoque en Etat certes autoritaire mais qui progresse, y compris sur le plan des libertés civiles.
Les émeutes de Lhassa, sur fond de Jeux à venir, puis
les passage tourmenté d'une flamme olympique conspuée paysaprès pays, ont valu la Chine une réprobation quasi planétaire. Avec comme seule réplique la langue de bois des apparatchiks de Pékin. Le discours de Gérald Béroud dans ce contexte semble faire tache. Grand connaisseur de la Chine, ce Lausannois se veut, avec son entreprise SinOptic, un passeur de culture. Sa vision, largement pro-chinoise, est peut-être
discutable, mais c'est bien là son intérêt: dans une affaire, où les prise de position sont surtout spontanées et émotionnelles, Gérald Béroud a le mérite de plaider pour un vrai débat argumenté.
Un des arguments pour attribuer les Jeux à la Chine était de dire que cela permettrait davantage de contacts avec l'Occident et donc de compréhensionréciproque. Plutôt raté non?Qu'en savez-vous? Depuis 2001, la Chine n'est pas vraiment restée stagnante sur le plan des libertés civiles. On dit que la répression augmente. Mais en même temps les moyens de connaître les atteintes se sont accrus de façon extraordinaire. Par exemple, il y a deux ans des paysans ont été sévèrement malmenés par les sbires d'un propriétaire. Le lendmain, les vidéos prise par les téléphones portables de ces paysans étaient sur internet. Alors qu'au moment de la révolution culturelle, seuls les cadavres qui descendaient la rivière des Perles permettaient aux Occidentaux de savoir ce qui se passait. Ce pays n'est pas une immense
prison comme le prétendent certains spécialistes qui n'y ont jamais mis les pieds ni "une dictature communiste terrifiante" comme je l'ai encore entendu récemment à la télévition.
Alors qu'est-ce que c'est?Un pays autoritaire, mais qui progresse, a étendu un certain nombre de
libertés civiles. Quand il y a des atteintes, comme un journaliste tué, cela fait l'objet de débats nationaux sur internet. On a l'imoression en Occident, parce qu'il s'agit d'un pouvoir communiste, que tout est complètment verrouillé. Mais la Chine de 2008 n'est pas l'Allemagne de l'Est de 1970.
Pourquoi alors l'ampleur de ce rejet quâ révélé le parcours de la flamme olympique? Cette réprobation quasi universelle?Ce qui est stupéfiant, c'est la rapidité du basculement: en quinze jours, la Chine est devenue un pays porteur de tous les maux et totalement caricaturé. Par exemple dans la manière de décrire les événement. Le 14 mars une manifestation dégénère à Lhassa. Dès le lendemain la presse
titre sur "La tragédie", "Le bain de sang", sans qu'on ait le début d'une démonstration. Je veux bien croire que la répression de manifestations ne se fait pas en distribuant des fleurs aux manifestants., mais on ne sait rien de ce qui s'est passé exactement et on conclut pourtant immédiatement au massacre. Comme si on n'attendait qu'une occasion pour déballer tout ce qu'on avait sur le coeur à propos de la Chine. Les doits de l'homme, la situation au Tibet, les rapports
économiques conflictuels, les jouets de mauvaise qualité, la peine de mort.
Cette crise ne pourait-elle être l'occasion d'une prise de conscience de la part des dirigeants chinois?Comme si la Chine ne se développait pas par elle-même... Depuis janvier 2007, par exemple, tous les apples contre les condamnation à mort sont jugés par la Cour suprême chinoise et non plus par les cours provinciales et
régionales, et cela contribué à faire diminuer le nombre de
condamnation de manière significative. La pression a évolué c'est aussi parce qu'il y a un débat depuis au moins sept ou huit ans en Chine sur l'application de la peine de mort. Les juristes chinois se rendent très bien compte que les système n'est pas satisfaisant, qu'il y a des erreurs judiciaire une trop grande proximité entre les juges et les plaignants qui font pression.
On reproche aussi à la Chine dêtre restée un empire...La Chine est une sorte de construction qui veut que les Han, ultra-majoritaires, cohabient avec 55 autres ethnies. On parle beaucoup
des Tibétains. Mais qui s'intéresse aux Hui? Aux Dond? Aux Miao? Aux OuÏghours? Aux Naxi? C'est un conglomérat d'ethnies, et les faire cohabiter est une des valeurs les plus essentielles de la République populaire de Chine. Les événement du Tibet sont graves pour les gouvernement chinois d'abord: Les incidents de Lhassa ont démarré entre des Tibétains est des Hui, qui sont des Han musulmans; un conflit donc entre Tibétains Han et Hui qui montre que le gouvernement a failli dans sa mission de coexistence. Mais c'est aussi une faillite pour le dalaÏ-lama, voir que le bouddhisme, ce n'est pas que la tolérance, que le bouddhisme peut aussi être violent. Il est clair aussi que, contrairement à la vision caricaturale d'un gouvernement chinois qui ne
ferait qu'opprimer les Tibétains du matin au soir, la situation
générale des moines s'est améliorée. Bien sûr c'est donnant-donnant: d'un côté ily a une aide matérielle et de l'autre un "contrôle patriotique" sur les monastères.
On a l'impression que le dalaÏ-lama est plus modéré que l'opinion occidentale dans ses revendication. Pourquoi dès lors le dialogue
coince-t-il avec les autorités chinoises?Le fait que le dalaÏ-lama soit constamment soutenu et honoré par des gouvernements n'hésitant pas à critiquer la Chine tous azimuts-l'année dernière encore par les Etat-Unis- exaspère considérablement les autorités chinoises. Pour la majorité des chinois, la terre natale ne peut pas être tronquée ne serait-ce que d'un centimètre carré. Pour eux, il n'y
a pas un problème aigu au Tibet.
Que peuvent, que doivent faire les athlètes?Le bon sens voudrait que les sportifs comme les politiciens, dans l'enceinte des jeux, et conformément à la charte olympique, s'abstiennent de manifestations politiques. Je ne vois d'ailleurs pas bien comment un sportif ou un politicien arrivant pour le première fois en Chine peut s'exprimer de façon crédible sur la situation réelle de ce pays. Puisqu'il y sont soudain si sensibles, les chefs d'Etat et de gouvernement devraient profiter de leur venue pour visiter d'autres parties du pays...
La suisse peut-elle jouer un rôle particulier dans cette crise?La suisse a reconnu les nouvelle autorités chinoises dès 1950, et il y a donc près de soixante ans de relation diverses. Notamment des relations commerciales et économiques de plus en plus florissantes. avec plus de 300 entreprises suisse en Chine et 55 000 emplois. D'un point de vue diplomatique, malheureusement, à l^heure actuelle, la tension entre les
deux pays est assez grande. Le communiqué de presse du Département fédérale des affaires étrangères, le lendemain même des événement de Lhassa, le 15 mars, disait condamner "les actes de violence contre les manifestants au Tibet" sans évoquer les violences dans l'autre sens, contre des Hans, des Hui, des magasins chinois où il y avait aussi des employés tibétains, dont une a péri dans incendie. Cette manière immédiate et peu nuancée de condamner le gouvernement chinois n'a pas amélioré les choses.
Quid du boycott des produits chinois?Bon courage! Prenons déjà ce qu'il y a sur ce bureau: téléphone mobile, clavier, souris, écran, tout cela est fabriqué en Chine ou avec des
composants chinois, sans oublier les trottinettes, les vélos, les
vêtements, les chaussures. Nous sommes devenus interdépendants et en profitons largement. Nous sommes toujours assis sur les épaules de quelqu'un, en l'occurrence celles de travailleurs chinois. Les personnes qui veulent faire preuve de vertu de vraiment arrêter de consommer tous ces produits.
Comment les Chinois perçoivent-ils les critiques occidentales? Quel est le degré de sincérité dans leur indignation?Il y a une indignation réelle dans une grande partie de la population, qui peut se comprendre.
Voyez par exemple Robert Ménard, de reporters sans frontières, qui déclare: "S'il faut gâcher la fête aux Chinois, on la leur gâchera." Ou un autre grand spècialiste, dans " Le temps ", qui se prononce contre le boycotte des jeux au motif qu'il faut " humilier les Chinois chez eux ".
Autant prendre une bassine d'huile et la jeter sur le feu. La Chine, de plus, a énormément souffert des humiliation du passé, ressentie dans les chairs et les consciences. Depuis la première guerre de l'opium en 1839 et jusqu'en 1949, les Occidentaux n'ont pas vraiment semé des pousses de démocratie en Chine, profitant d'un assujettissement assez brutal de la société chinoise.
La Chine continue de faire peur, pas seuelment à cause des doits de l'homme, mais comme future première puissance mondiale. A-t-on raison de s'inquiéter?A l'heure actuelle, on oscille sans arrêt entre la peur et la fascination. Quand on dit, la Chine future première puissance, c'est peut-être vrai. Mais elle demeure foncièrement inégalitaire; l'amélioration générale indéniable de niveau de vie se conjugue avec des disparités accrues. La Chine est plus inégalitaire que l'Inde en matière de revenus par exemple. Si on prend l'index du développement humain (alphabétisation, accès à l'éducation,
espérance de vie, etc .), la Chine est au 81ᵉ rang. Il reste beaucoup à faire...
La Chine est aussi montrée du doigt comme principal pollueur sur faond de réchauffement climatique...En Chine, c'est vrai, se trouvent des villes parmi les plus polluées du monde. Les nappes phréatiques sont souillées est les grands cours d'eaux dans un piètre état. En même temps, il faut relever les efforts considérables réalisés par le gouvernement chinois pour transformer le système de production, ou dans le domaine des énergies renouvelables. Il y a depuis peu un Ministère chinois de l'environnement, avec des responsables qui tiennent des discours que ne renieraient pas les écologistes occidentaux.
A vous écouter, la Chine change et elle va nous convenir de plus en plus...Les Chinois ont mis, il y a quelques années, dans leur constitution une référence aux doits de l'homme. L'idée qu'il faut plus de contrôle dans les commissariats de police, respecter les personnes détenues, ne pas être courir à la torture, ces valeurs commencent à se diffuser au sein de la société chinoise. Mais on a à l'impression dans le débat actuel que tout ce qui vient de la Chine doit entraîner une suspicion systématique. Or, sur toutes ces questions - le statut historique de Tibet, son territoire, la situation des doits de l'homme - la vérité n'est peut-être pas à mi-chemin mais elle n'est pas toujours du même côté. Il serait important qu'en Occident on essaie de comprendre les points de vue des dirigeants chinois qui sont parmi les mieux formés et les plus compétents que la Chine ait connus. Mais essayez de trouver une biographie en français du président chinois ou de n'importe quel haut dirigeant. Or, ces gens dirigent 1,3 milliard de personnes. Et l'on se trouve maintenant dans une situation les plus détériorées depuis vingt ans entre l'occident et la Chine . La moindre des pudeurs qu'on devrait avoir en tant qu'Occidetaux serait d'essayer de s'informer avant de juger la Chine.
Propos recueillis par Laurent Nicolet
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